"Picasso en sabots" pour les uns, "peintre rustique moderne" pour
les autres,
l'inlassable expérimentateur que fut Gaston Chaissac (1910-1964), fait l'objet d'une
grande exposition à la Galerie Nationale du Jeu de Paume à Paris.
Quelques sites :
http://www.pba.be/chaissacup.htm
"Chaissac Gaston, vice-président du club des échappés de la vie moderne."
http://www.remue.net/chaissac1.html
http://www.arte-tv.com/societe/artbrut/ftext/grands2.htm
Il a meme un timbre :
http://www.laposte.fr/philatel/philinfo-41/phil11-x.htm
Une sculpture
http://fcis.educagri.fr/~ecm.rurart/Pages/Rurart/Chaissac.htm
http://www.jeudepaume.org/0300expo/0300pres.htm
Des enfants peignent a la maniere de
http://www.advance.fr/pagnol/mpagnol/gaston_chaissac.htm
Avec 350 oeuvres présentées jusqu'au 29 octobre, c'est une bouffée de fraîcheur qui
s'empare du visiteur dès l'entrée de la galerie, où se dressent les joyeux totems de
celui
qui devint artiste, après avoir été marmiton, apprenti bourrelier et cordonnier.
Mais, derrière la bouille joviale du "Fumiste", tête fanée recouverte de
couleurs
fraîches et claires, affleurent les questionnements angoissés d'un homme qui rêve de
s'intégrer, mais se sent et se sait à part.
On a tenté d'assimiler son oeuvre à l'art brut, à l'art naïf, peut-être à cause de
ces
bonshommes à têtes de "toto" que l'on trouve quelquefois dans les dessin
d'enfant, ou de
ces figures de masques qu'affectionnent les primitifs.
Mais la peinture de Chaissac n'est ni naïve, ni brute, à voir la délicatesse
périlleuse
des couleurs rapprochées.
C'est une oeuvre poétique, tragique et contestataire d'un homme qui s'est tenu à
l'écart
des milieux artistiques à l'époque de l'Ecole de Paris, mais qu'ont soutenu avec
acharnement les écrivains Raymond Queneau et Jean Paulhan ou les peintres Albert Gleize
et
Jean Dubuffet.
Aventureux, Chaissac fait feu de tout bois: du déchet organique (omoplate de boeuf,
coquilles d'huîtres, épluchures), au balai hors d'usage, en passant par les couvercles
de
lessiveuse et de valise en carton bouilli.
"Des couleurs juxtaposées"
Des détritus qu'il triture, bricole ou peint, toujours de façon remarquable, avec des
visages ou des figures délimités par des contours et des aplats de couleur.
Apparaissent alors, note le peintre Georg Baselitz, "des visages à la fois tristes
et
gentils, des figures sans fond ni ombre, des surfaces proches de mosaïques ou plutôt de
vitraux et des couleurs juxtaposées sans même qu'elle soient mélangées".
Quand il ne se livre pas à ses "buvardages", grattages ou autres empreintes
d'objets,
Chaissac écrit à tour de bras. Il écrit à Paulhan, Dubuffet, Queneau, mais aussi à
des
inconnus, prennant des noms au hasard dans l'annuaire téléphonique et les poursuivant de
ses missives dix jours de suite, pour leur dire parfois qu'il n'a rien à leur dire.
Solitaire depuis son enfance à Avallon, où il naît dans une famille modeste, Chaissac
n'aura de cesse de vouloir aller vers l'autre, communiquer.
Sa tentative de "démarginalisation" est vaine. Si certains l'encouragent,
l'admirent, il
ressort de ses expositions, comme à la galerie l'Arc-en-Ciel, à Paris en 1947, avec une
impression de malaise, d'incompréhension, de mépris.
Malade et découragé, Chaissac mourra en 1964, alors qu'il commençait à recevoir une
reconnaissance internationale, vérifiée par un nombre croissant d'expositions en France
et
à travers le monde